Les critiques littéraires d'une dévoreuse de livres !

Cinquante nuances de Grey (T1) – E. L. James

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machronique
Cinquante nuances de Grey, c’est la saga qui fait le buzz en ce moment (surtout avec la sortie du film le 11 février dernier !). Vous me connaissez, j’ai horreur de faire comme tout le monde, et donc de lire ce que tout le monde lit. J’avais donc entendu parler de cette trilogie depuis quelques temps, mais sans être jamais attirée : j’ai toujours passé mon chemin. Pourtant, la bande annonce du film et l’excellente bande son m’a plongée dans cet univers, que j’ai eu de plus en plus envie de découvrir.

Cinquante nuances de Grey, on aime….ou pas ! Mais de tous les avis sur la toile, (très) rares sont ceux qui sont mitigés. C’est donc avec de l’envie malgré une once d’appréhension que je me suis plongée dans cette saga.
Pas besoin de présenter l’histoire : Anastasia Steele doit interviewer Christian Grey, le grand mécène de la fac, pour le compte de Kate (et le journal des étudiants), sa coloc’ tombée subitement malade. Forcément, Ana, c’est la fille peu sûre d’elle, qui rencontre l’homme, le mec, sûr de lui, viril, et surtout très sexy et attirant ! La suite de l’histoire, pas besoin d’être voyant ou d’avoir entendu parler du film pour la deviner, car elle n’est pas amenée en finesse : oui, ils tombent amoureux.
Mais Christian n’est pas ce que l’on peut appeler un romantique invétéré. Et c’est là le hic !

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Le style d’écriture n’est pas des plus aboutis, E.L. James n’ayant pas la plume de certains grands auteurs. Les répétitions sont fort nombreuses (si le lecteur n’a pas compris que pour regarder Ana dans les yeux, Christian lui soulève le menton, eh bien il y a un soucis ! Idem si l’on ne sait pas que le surnom de son homme est « Mon cinquante nuances », ou que son ordinateur est appelé « la machine infernale ») et le vocabulaire est cru. Vous allez me dire « Mais tu t’attendais à quoi vu le type de roman ? ». Je vous avouerais que je m’attendais à autre chose car l’histoire en elle-même est vraiment sympathique et bien pensée, et elle repose avant tout sur leur rencontre, leur histoire d’amour, leurs sentiments, etc. Ce double-aspect du roman est vraiment déstabilisant pour le lecteur car il repose sur le romantique et le sadomasochisme.

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Les personnages d’Anastasia et de Christian sont aux antipodes l’un de l’autre. Pourtant, cette fragilité chez Ana se retrouve parfois en Christian, qui reste un homme brisé.
On apprend à connaître l’homme au fur et à mesure qu’Ana le découvre et on s’y attache ou pas ! Ce qui m’a plu, c’est cette fragilité, cet homme brisé qui aime Ana (ça se ressent), mais qui reste maladroit avec elle. Il n’a connu qu’une forme d’amour et celui-ci est toujours accompagné de violence, il réagit donc de la même façon avec « bébé » (surnom qu’il donne à notre jeune étudiante).

Ce qui m’a frappée en revanche dans le personnage d’Ana est sa naïveté qui, soyons sincère, atteint des sommets ! Elle le découvre lors de l’interview, atterrit à 4 pattes dans son bureau, tombe immédiatement sous le charme du beau Christian avec la prestance qu’il dégage et…..petite vierge, couche avec lui très rapidement ! Bon OK, il prend peur quand il le découvre mais il ne dit pas non, notez-le bien !

Quelques passages restent mémorables : l’apparition dans le magasin de bricolage où travaille Ana (elle ne semble pas trouver étrange qu’il sache où elle bosse…), ou la scène de l’ascenseur (quelle spontanéité !).
Les scènes plus sensuelles et sexuelles ne sont pas nécessairement mal écrites mais renvoient plus à de « la baise » (pour employer le vocabulaire de Christian) qu’à des scènes d’amour (la pauvre Ana qui rêve que son « cinquante nuances » lui fasse l’amour, ce n’est pas gagné !).

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Ce roman a donc su me séduire, en dépit de ses points négatifs. J’ai passé un très bon moment, malgré les répétitions et le vocabulaire cru qui ont parfois gêné ma lecture.
J’ai beaucoup apprécié cette histoire d’amour. Assister à sa naissance et son développement, en ayant également les pensées d’Anastasia nous permet de nous mettre dans sa peau et s’identifier à elle, malgré les quelques travers que présente son personnage.

De plus, la structure du roman (notamment le découpage des chapitres) est très habile car il incite le lecteur à aller plus loin, à en découvrir davantage. C’est sûrement ce qui rend ce roman si addictif.
La fin est, quant à elle, très énervante et nous donne envie, non seulement de pleurer avec Ana, mais également de nous jeter sur le tome 2. Addictif, je vous dis !

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