Les critiques littéraires d'une dévoreuse de livres !

La peau d’un autre – Philippe Arnaud

Lapeau

machronique
Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Sarbacane, car ce livre est ma première lecture en partenariat direct avec eux.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce livre n’a pas été un véritable coup de cœur, mais il n’en a vraiment pas été loin. Ce qui m’a quelque peu freiné dans ma lecture relève du style d’écriture, mais ça, je vous en parlerai plus tard.

 

En ce qui concerne le livre en lui-même, je souhaite aborder deux points : tout d’abord la couverture. Celle-ci représente une enfant, une petite fille, en robe, qui s’occupe du tableau et l’efface. A la lecture du livre on découvre que la petite fille en question n’est autre que Manon, un personnage secondaire mais néanmoins très important, comme je l’évoquerai par la suite. D’autre part, le livre est découpé en 3 parties, appelées « livres ». Ceux-ci se divisent de la façon suivante : une première partie nous parle de l’arrivée du forcené dans la classe de maternelle, ainsi que le déroulement des premières heures de captivité. Le deuxième livre évoque, quant à lui, l’enfance du forcené, dont on connait désormais le nom : Pigment, ainsi qu’en parallèle, celle de l’enseignante de la classe qu’il a prise en otage : Anna. Enfin, dans le troisième livre, nous assistons à la fin de la pris d’otages, toujours avec les pensées des uns et des autres, notamment celles de Pigment, qui reviennent sur sa vie.

 

L’histoire est vraiment bien pensée, et, en tant qu’enseignante, je me suis tout de suite glissée dans la peau d’Anna. Au fond, si l’on devait résumer l’histoire qui nous est contée, on pourrait dire qu’il s’agit d’une autobiographie de la vie de Pigment, agrémentée des pensées de quelques autres personnages, secondaires, mais néanmoins très important pour le déroulement de la narration. En effet, l’histoire qui nous est raconté ici est celle de la vie de Pigment, ce preneur d’otages en école maternelle. Petit à petit, on en apprend plus sur lui, sa vie, son enfance, son adolescence, ses choix, jusqu’à savoir pourquoi il a décidé de faire ça, quel a été l’élément déclencheur, celui qu’Anna a cherché désespérément.

 

En ce qui concerne le style d’écriture, je dois dire que je n’ai pas toujours été satisfaite. En effet, l’auteur ne respecte pas toujours les règles de ponctuation, notamment celles propres au dialogue. Ces écarts de français ont notamment lieu durant les dialogues « imaginaires » de Pigment, ce qui rend le fil de l’histoire parfois à suivre. Je pense que c’est à cause de cela que je n’ai pas mis la note maximale. Il faut aimer, il faut comprendre, et au début j’ai vraiment eu du mal. Puis, petit à petit, je me suis familiarisé avec le style d’écriture, avec ces inclusions, ces bouts de phrases en italique, ces pensées qui viennent agrémenter le récit. Et finalement, ce n’est plus si déplaisant, et parfois, cela nous ferait même rire.
D’autre part, l’auteur fait des allusions à quelques classiques de la littérature, qui nécessitent donc une culture littéraire, clin d’œil à celle de notre héros. On retrouve par exemple « Les gueules noires », ou encore « Pénélope », qui renvoient d’une part aux mineurs, et d’autre part à la femme d’Ulysse, qui tisse. Cette métaphore se fait par rapport au lien qu’Anna essaie de tisser entre elle et le preneur d’otages. Un lien d’affection, qui croit au fur et à mesure, entraîné par l’initiative de Manon, cette petite fille qui n’a peur de rien et qui nous fait découvrir de l’humilité chez Pigment, qui nous semble si touchant et si prévenant avec la petite, notamment lors de l’épisode avec la craie. Je crois d’ailleurs que c’est à ce moment-là qu’Anna commence à réaliser que Pigment n’est, dans le fond, pas quelqu’un de méchant, juste fatigué de la vie qu’il mène jusqu’ici, fatigué d’être rejeté par les autres, par ceux qu’il aimait et avec lesquels il croyait avoir construit quelque chose de solide : l’amitié.

 

Quelques pages avant la fin de l’histoire, on pressent ce qui va arriver, au travers du rêve de la petite Manon, plus forte que n’importe quel(le) enfant de son âge, d’ailleurs, que ça en devient presque intriguant. Malgré tout, la fin reste quelque peu déconcertante….

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En bref, je suis passée par un certain nombre d’émotions tout au long de ma lecture. J’ai souri avec certaines anecdotes ou aux apparitions de la petite Manon, si prévenante. J’ai eu la gorge nouée de certaines scènes de la prise d’otages. J’ai pleuré à la fin, la toute fin, j’ai versé quelques larmes. Soyons honnêtes, ce livre m’a tout simplement prise aux tripes !

C’est vraiment une belle lecture, qui, encore une fois, m’a donc fait passer par une jolie palette d’émotions. Malgré le thème peu commun et pas forcément attirant de cette histoire, je me suis vraiment prise à aimer. Je pense que le fait de me placer dans la situation y a contribué, mais pas seulement. L’écriture est également touchante, on découvre la vie de notre preneur d’otages ainsi que tous les malheurs qu’il a vécus, qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Son existence est en réalité une succession de petites choses qui l’ont tout droit conduit à la descente aux enfers et ont fait, justement, de sa vie un enfer.

Je remercie donc à nouveau les éditions Sarbacane de m’avoir permis de lire ce très beau livre et ainsi de faire une vraiment belle découverte.

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